David Palomar

Le fondement principal de l'art est d'être fidèle à ses principes

David Palomar profite de la Biennale de Seville pour présenter su second travail discographique, "La Viña, cantón independiente". Un nouvelle opportunité de savourer l'arte flamenca, que toujours d'un code gaditan, nous offre le jeune cantaor.


Ces derniers temps le flamenco gaditan a été lié exclusivement au barrio de Santa María, que souhaites-tu revendiquer avec La Viña ?

C'est un débat un peu ancien à mon avis. Il est certain que le barrio de Santa María a toujours été un lieu magique, avec des artistes comme El Mellizo, Aurelio Selle, La Perla, Santiago Donday, Chano Lobato, etc ... Mais pour information des aficionados, le Barrio de la Viña, en plus d'être le berceau du Carnaval, est le lieu où vécurent des piliers du flamenco comme las Cachucheras, Carandos, Cantorales, Curro Durse, Macande, Ginetos, etc. Je ne veux rien revendiquer avec La Viña car le quartier parle par lui-même et a un prestige parfaitement reconnu.

Quelle proportion de l'esprit révolutionnaire de Fermín Salvochea plane sur ce cantón independiente que tu nous proposes ?

C'est de cet esprit révolutionnaire qui guide ma jeunesse et me donne envie d'expérimenter des choses nouvelles. Je ne prétends pas réinventer le flamenco, il est bien comme il est, je fais seulement les choses qui me plaisent sans aucune limitation et je me sens chanceux pour cela. Pour moi le fondement principal de l'art est d'être fidèle à ses principes, engagé dans l'époque à laquelle nous vivons. Nous devons utiliser cet art pour dire des choses et communiquer comme nous le sentons en ces temps chaotiques.

Dans une autre situation peut-être que je ne te le demanderais pas, mais le drapeau républicain qui accompagne les photos promotionnelles m'y oblige. Que penses-tu de la monarchie ?

Le drapeau républicain est un détail qu'ont remarqué beaucoup de gens mais en réalité de la Republique j'ai seulement l'esprit, la politique est une chose qui ne m'intéresse pas le moins du monde. Pour ce qui est de la Monarchie je ne t'en parle même pas, c'est une chose qui ne me dérange pas, mais peu utile actuellement.

Rosario Toledo, El Junco, David Palomar, Sergio Monroy... qu'est-il en train de se passer à Cádiz ?

Il se pass toujours la même chose, c'est une usine d'arte. Il y a beaucoup de talent et d'arte au mètre carré, mais nous sommes le bout du monde, là où il y a le taux de chômage le plus élevé d'Europe et pour cette raison les possibilités sont limitées. Même si l'afición et l'envie dépassent tous les obstacles.

En février dernier nous avons pu te voir dans "Gaditanía" avec Mariana Cornejo. Combien y-a-t-il de Mariana, Chano, Pericón ou Aurelio en David Palomar?

Beaucoup, ce sont les maestros dans lesquels je me regarde. Si je ne les écoutais pas tous les jours je me sentirais vide.

Jesús Bienvenido et David Palomar. Quelle importance donnes-tu au Carnaval dans ta façon de comprendre le cante ?

Au Carnaval je lui donne l'importance qu'il a, qui est énorme. Cela m'a donné des bases et une oreille musicale plus fine. Tu imagines, depuis que j'ai 12 ans j'écoute ces magnifiques pasodobles que nous ont laissés Paco Alba, Fletilla, Antonio Martín, pour moi ce sont de véritables oeuvres d'art. Et de Jesús Bienvenido, dire que c'est quelqu'un hors du commun qui en plus d'être auteur de Carnaval a écrit deux titres de ce disque, un tanguillo et des sévillanes flamencas... pour moi c'est un des meilleurs compositeurs.

Vers quoi penses-tu que va le flamenco?

Je n'en ai aucune idée, même si je déduis qu'il sera toujours en constante évolution, en sachant que le flamenco est une pure fusion influencée par des milliers de choses.

Que signifie pour toi présenter ce disque à la Biennale de Séville ?

Pour moi c'est toujours une joie d'être dans un festival aussi prestigieux, en plus c'est la première fois que je m'y produis en solo, on pourrait dire que c'est mon baptême de la Biennale. Maintenant, ce qui me paraît illogique à la Biennale, et je ne veux que personne le prenne mal, c'est qu'on est obligé d'étrenner quelque chose alors qu'il n'y a pas de budget pour le production de spectacles. Cela me paraît un peu contradictoire, même si les choses se font toujours avec l'envie du propre artiste de faire partie d'un tel événement.

Avec quel artiste, flamenco ou non, aimerais-tu travailler ?

Enrique Morente me paraît intéressant pour ce qu'il expose et suppose pour l'evolution de cet art.

Merci beaucoup et bonne chance.

Javier Prieto, le 23/09/2010

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